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Gestion du spectre - Du début aux années 1990 par Laval Desbiens

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Les premiers pas et la direction de la radio

Les premiers pas

Du télégraphe à la radio 1850-1910

 

Le télégraphe est apparu vers les années 1850.

 

La Loi des télégraphes a été adoptée à Québec en 1852 afin d'être en mesure de pouvoir incorporer des compagnies de télégraphe électrique.

 

Cette Loi sur les compagnies de télégraphe électrique du Haut Canada prévoyait un contrôle limité des opérations du télégraphe privé comme par exemple sur l'emplacement des lignes et pour permettre à la Couronne d'utiliser ces facilités et retenir les services des opérateurs au besoin pour de courtes périodes, ou, à deux mois d'avis, en prendre possession permanente.

 

1858 et ce fut l'installation du premier câble transatlantique pour le télégraphe reliant l'Amérique à l'Europe, il ne demeura en service que quatre semaines .

 

Peu de temps après, en 1874, Alexandre Graham Bell se chargea d'inventer le téléphone.

 

En 1875, le 8 avril, la Loi sur le télégraphe maritime place les compagnies privées exploitant des câbles sous-marins sous la responsabilité du Ministère de la Marine et des Pêcheries.

 

On a rapidement décidé de l' importance du secret des communications et, le 21 mars 1881, un Acte a été adopté prescrivant la déclaration obligatoire des employés des lignes de télégraphe sous le contrôle du gouvernement et aussi les peines en cas de divulgation du contenu de certains messages, une première en ce qui concerne le droit à la protection des communications privées...

 

Pour suivre le développement de la technique, il a bien fallu, en 1882, définir les mots @ télégraphe@ et A téléphone@ dans la Loi car l'un n'incluait pas nécessairement l'autre à l'époque.

 

Et, quatre ans plus tard, réviser les statuts de 1881 concernant les compagnies de télégraphes électriques, les télégraphes électriques sous-marins et le secret que doivent garder les officiers et employés des lignes de télégraphe.

 

Plusieurs câbles sous-marins étaient déjà installés et en fonction tant pour relier les îles de la côte Est à la terre ferme que pour joindre l'Amérique à l'ancien continent.

 

En mai 1901, le gouvernement du Dominion achète deux stations radio sans-fil de la compagnie Marconi et les met en service à Belle-Isle en Terre-Neuve et à la Baie Château au Labrador pour se prémunir contre les bris du câble sous-marin causés par les glaces entre ces deux endroits. Elles furent en opération vers la fin de 1901 et on dit que ce furent les deux premières stations sans-fil au Canada.

 

Alors qu'il avait déjà expérimenté et prouvé les possibilités de communication par radio sur des distances relativement courtes, Gugliemo Marconi a réussi à recevoir à St-Jean de Terre-Neuve le 12 décembre 1901 un premier A S A transmis par ses collègues depuis Poldhu en Cornouailles. Dans l'impossibilité d'obtenir du financement dans son pays, il était déménagé en Angleterre pour former la ''Wireless Telegraphy and Signal Company'' en 1897.

 

Après ces essais fructueux, Marconi aurait été incapable d'obtenir l'autorisation d'installer des facilités permanentes à Terre-Neuve pour un service commercial reliant l'Angleterre et l'Amérique car la Compagnie Anglo-American Telegraph y avait le monopole de la réception des messages par câbles transatlantiques.

 

En route vers les Etats-Unis, Marconi passa par North-Sydney en Nouvelle-Écosse, et c'est à partir de ce voyage et de rencontres fortuites que la décision fut prise d'opérer la liaison trans-atlantique sans-fil à partir du Canada.

 

Mais pendant ces années, un jeune canadien nommé Réginald Fessenden , un gars de Knowlton au Québec avait déjà expérimenté la transmission de la voix entre l'île Cobb sur la rivière Potomac et Arlington en Virginie. On a même écrit que son procédé de transmission était supérieur à celui de Marconi mais, comme dans beaucoup de choses, on n'est pas toujours reconnu dans son propre pays ou, en retard ..!

 

1904 et voilà que le Parlement britannique passe une Loi de la télégraphie sans-fil qui stipule que tous ceux qui transmettent et reçoivent des signaux sans-fil doivent détenir une licence des Postes. Peu après, l'Office des Colonies en transmet une copie au gouvernement canadien avec la suggestion qu'une législation similaire devienne force de Loi au Canada.

 

L'Acte de la télégraphie sans fil canadienne a été adopté en 1905 alors qu'il y avait déjà treize stations de télégraphie sans-fil au pays pour la navigation et le commerce dont trois au Québec soit à Pointe-à-la-Renommée en Gaspésie, Heath Point sur Anticosti et Belle-Isle près de Terre-Neuve (mais encore au Québec dans ce temps là). L'Acte prévoyait la possibilité d'émettre des licences autorisant les expérimentations en onde de la télégraphie et des droits de licence.

 

Cette Loi était presque identique à celle des Britanniques à la différence que la responsabilité de sa mise en application était confiée au Ministère de la Marine et des Pêcheries, reflétant dès lors l'importance de ce secteur et le besoin de sécurité en mer.

 

On y prévoyait la forme, la périodicité, les termes, conditions et restrictions applicables aux licences autorisant les appareils de transmission de réception sans-fil ainsi que des pénalités pour opération sans licence.

 

La Direction de la télégraphie sans-fil fut immédiatement mise en place au sein de ce Ministère.

 

1905 et un certain C.P. Edwards, venu au pays avec la Marconi, installe une station de radio télégraphie à l'Île de Sable et à Camperdown.

 

Aux même dates, un service commercial de radio télégraphie transatlantique expérimental débute entre Glace Bay en Nouvelle-Écosse et Clifden en Irlande et les archives nationales rapportent la constitution de la A Fessenden Wireless Telegraph Company of Canada@ sans qu'on trouve trace des opérations de cette compagnie au pays.

 

Et, sur la côte Ouest, où il y avait beaucoup de naufrages, on décida d'installer une chaîne de stations côtières entre Vancouver et Prince Rupert.

 

Cecil Doutre, alors surintendant du Dominion pour les stations sans-fil au Ministère de la Marine et des Pêcheries, obtint l'autorisation d'installer une chaîne de stations sans-fil entre Vancouver et Prince Rupert. En 1906, Doutre et Monsieur E. Hughes , à bord du DGS Quadra, firent une reconnaissance des sites et choisirent Gonzales Hill (Victoria), Pachena Point à l'entrée du détroit Juan de Fuca, Estevan Point, l'ïle Triangle, Ikeda Head et à l'Île Didby près de Prince Rupert.

 

1906 et voici la A Loi concernant les télégraphes@ , une loi unique qui regroupe et intègre les télégraphes et la télégraphie sans fil en reprenant les dispositions de la loi de 1905.

 

La même année, notre canadien Fessenden ,en remet , et transmet un programme de musique enregistré vers les navires de la United Fruit dans les Caraïbes et la côte Est. (Voir annexe)

 

En 1907, il y avait déjà quinze stations côtières au pays, propriétés du gouvernement mais louées et opérées par la Canadian Marconi qui conservait à son profit, les taxes collectées pour la transmission des messages. Certaines licences émises auraient été refusées par le Marconi qui arguait que les conditions de licences n'étaient pas conformes à leur contrat de service.

 

La station principale en Amérique de la Marconi Wireless Telegraph Company of Canada

 

( Canadian Marconi ) a pu être installée et un service fiable et régulier entra en opération à Glace Bay en février 1908 . Fessenden transmet la voix sur 70 kilohertz entre Brant Rock et Washington, D.C.

 

Pachena vint en ondes en février 1908 avec l'opérateur L.H. Bradbury. On équipa la station de l'Union Jack et de drapeaux de signalisation pour aviser les navires sans radio de tempêtes approchant. La station fut fermée temporairement un peu plus tard parce qu'il était difficile de trouver des opérateurs compétents.

 

L'installation de la chaîne de six stations côtières sur la côte Ouest s'acheva en 1908. Celle à Pachena n'a été remise en fonction qu'en 1910, indicatif d'appel A KPD@ , l'opérateur responsable était A. Buchanan assisté de C. Kennedy.

 

En décembre de la même année, Cecil Doutre fut promu Agent du ministère pour les achats et les contrats et C.P. Edwards, habile autant en code morse qu'en télégraphie terrestre et ayant une bonne connaissance des opérations sans-fil le remplaça.

 

Et en 1910, la Division de la télégraphie sans fil du Ministère fut incorporée au nouveau ministère du Service Naval.

 

Sources principales de ces informations:

Sharon A. Babaian: A Radio Communication in Canada: An historical and technological survey A

Larry L.Reid: A An early history of the west coast radio service

A produit en 1989 pour le 20ième anniversaire du Ministère des Communications

LGN ( Inconnu )

A Historical summary of radio regulation in Canada@ 29-1-69

 

La Direction de la radio  -  La naissance du service

 

La Direction de la radio ( Radio Branch ) était, en 1910, sous la direction de C.P.Edwards, au sein du Ministère de la Marine et des Pêcheries. Selon les rapports annuels du Ministère, l'activité principale était de fournir des facilités de communication avec les navires en mer et de prêter assistance à la navigation et à la sauvegarde de la vie des personnes à bord.

 

La Direction possédait et exploitait un certain nombre de stations côtières et en louait d'autres de la Compagnie Marconi. Elle avait aussi la responsabilité d'autoriser les stations de navires et d'examiner les candidats opérateurs de radio. Des inspecteurs étaient en permanence à cet effet dans les ports importants. Également, la Direction autorisait et supervisait l'utilisation commerciale, expérimentale et amateur du sans-fil.

 

Selon les archives, les premières licences commerciales et privées, en télégraphie, ont été émises à la Goodyear Tire and Rubber Company pour des stations installées à Bowmanville et à Toronto.

 

Et aussi à la compagnie A Canadian Explosives@ de Montréal était titulaire de licences pour une station sur l'île Bowen en Colombie-Britannique, pour la liaison entre l'usine de Howe Sound et la station de la Direction de la Radio à Pointe Grey qui ensuite, acheminait ces messages au bureau principal de la compagnie au moyen du télégraphe sur lignes terrestres.

 

Par la suite, plusieurs compagnies forestières et pétrolières ont obtenu des licences en Alberta et en Colombie-Britannique.

 

Aussitôt qu'en 1909, un certain nombre de licences expérimentales ont été émises pour des camps militaires et, probablement au début de la guerre, à quatre écoles de formation de radio télégraphistes pour former des opérateurs de stations de navires.

 

La station de Pachena revint en services en 1910 non sans peine pour l'opérateur responsable qui trouva la bâtisse en très mauvais état. Il en fit rapport en ajoutant qu'il lui fut très difficile de s'y rendre, une marche de 10 milles sur le sentier de secours à partir de Bamfield, dans la boue et la neige, en transportant deux valises et un nouveau système de syntonisation d'antenne.

 

Le naufrage du SS Northwestern qui vint à terre sur l'île San Juan le 3 décembre 1910 résulta en ce que le nombre d'opérateurs fut augmenté pour fournir un service 24 heures.

 

Pendant l'année fiscale se terminant le 31 mars 1911, le premier radio amateur a été autorisé : Frank Vaughan de St-Jean au Nouveau-Brunswick.

En 1912, il y avait déjà dix stations côtières au Québec soit à Cap-aux-Meules, Clarke City, Grosse Ile, Harrington, Heath Point, Pointe à la Renommée, Pointe au Père, Québec, Trois-Rivières et Montréal et opérant sur 600 mètres. En tout, il y avait trente-huit stations côtières et cinquante-et-une stations de navires tel qu'il apparaît sur une liste américaine des stations de télégraphie sans fil au monde. ( voir en annexe). On observe que les indicatifs d'appel sont de tous genres, la lettre > M'est utilisée par la stations de la Marconi.

 

À la suite de la Conférence de la Radiotélégraphie de Londres en 1912, le Canada en pris acte et corrigea l'émission des indicatifs d'appels ; celui de Pachena devint A VAD@ .

 

À cette conférence, de nouveaux services de radio virent le jour, la radiodiffusion des signaux horaires et des bulletins météo auxquelles on assigna des fréquences inférieures à 188 kHz. On laissa aussi le champ libre aux radio amateurs en haut de 3 Mhz car on considérait alors ces fréquences inutiles.

 

On voulut également encourager les administrations à prendre les mesures pour remplacer les émetteurs à éclateur d'ondes par des appareils lampes, plus stables.

 

Suite au désastre du Titanic le 14 avril 1912, les autorités nationales et internationales se penchent plus sérieusement sur la sécurité des navires et passagers. La première Convention Internationale sur la sauvegarde de la vie humaine en mer se tient à Londres en 1913. Les navires en mer seront dorénavant obligés à une veille radio de 24 heures sur la fréquence réservée aux appels et communications de détresse. Et Fessenden d'annoncer qu'il a <<obtenu des signaux réfléchis par les icebergs, par radio ce qui lui a permis de mesurer la distance >>

 

La Direction passa au Ministère du Service Naval en 1913 et pour la durée de la A Grande guerre@

 

Au début de la Grande guerre (1914-18), il y avait déjà quatre-vingt-quinze A radio amateur@ au Canada dont seize autorisés pour la réception seulement. Ils étaient concentrés le long des côtes et des voies navigables, dans les maritimes, l'Ontario, à Montréal (à l'école Polytechnique) ainsi que sur la côte Ouest, surtout à Victoria. On leur a rapidement expédié un avis de voir à cesser immédiatement leurs opérations.

En octobre 1914, Marconi demande une licence qui lui permettrait d'utiliser la technologie mise au point par ce même Fessenden !

Pour l'année 1914-15, seize licences commerciales privées ont été émises, quatre en 1915-16 et deux dans chacune des deux années subséquentes.

 

En juillet de la même année, un amateur de New Westminster en C.B., Edward S. Brooks, présenta une demande de licence pour expérimenter un 'téléphone sans-fil'.

 

On a aussi émis une licence expérimentale, indicatif d'appel XWA, pour une station installée à l'usine de Canadian Marconi à Montréal.

 

La première licence commerciale publique émise autorisait la station de Marconi à Glace Bay, N.E. Après 1915, on a émis deux de ces licences à la Universal Radio Syndicate mais les stations ainsi autorisées au Nouveau Brunswick et au Cap Breton n'auraient jamais été mises en service.

 

Les militaires n'ont pas trop tardé à se munir d'appareils radio. Les émetteurs à éclateur d'ondes sont là en 1916 et, à l'école de transmission de Barriefield en Ontario, les émissions ne sont permises qu'entre 7 et 19 heures pour éviter l'interférence.

 

 

À Shawinigan, en 1919, J.G. Telmosse participait au réseau de T.S.F. organisé autour de Georges Désilets de Nicolet, du Docteur Honorius Ricard de Grand-Mère et du Frère Germain Ouellet de Trois Rivières.

 

Les années 20 voit aussi l'établissement de stations de l'Aviation Royale Canadienne qui est chargée de la protection des forêts dans l'Ouest du pays.

 

A la fin de l'année fiscale 1920-21, on trouvait six licences pour le service commercial public, douze en commercial privé, onze expérimentales et 581 en service expérimental amateur ainsi qu'un bon nombre de stations côtières et de navires. La seule station en téléphonie était XWA Montréal quoique la Canadian Independent Telephone Co. de Toronto avait obtenu une licence de téléphonie en août 1920.

 

À Ottawa, la Division avait son propre atelier d'essai, sous la direction de E. David Hayman.

 

Pendant ce temps, le Directeur C.P. Edwards ne manquait pas à l'occasion de visiter ses installations d'un bout à l'autre du pays.

 

Larry L, Reid, un ancien du Ministère a écrit A The story of the west coast radio service 1906-1956 A et y relate une visite de Mons. Edwards à la station de Pachena, sur la côte Ouest, au début des années 1920.

 

<<. Sitôt arrivé, il se voit harangué par les épouses du personnel qui se plaignent d'avoir à sortir à la cabane et demandent qu'on leur installe des toilettes à l'intérieur. C.P. n'y voyant aucun problème, argua que c'était bon pour la santé car l'usager pouvait s'y relaxer tout en méditant au grand air.

 

Malheureusement pour lui, plus tard, il fut pris de difficultés intestinales qui l'obligèrent à utiliser cette même cabane trouée durant une nuit de pluie et de coups de vent si bien qu'il se douta que la cuisinière avait un peu saupoudré le souper d'un laxatif. Mais, tout de même, peu de temps après, les épouses eurent satisfaction. >>

 

En 1922, la Direction était déjà responsable de l'opération et du contrôle des stations côtières, des stations de radio-goniométrie et des radiophares maritimes le long des côtes Est et Ouest du pays et des Grands Lacs et d'un bon nombre de stations commerciales, de navires et de communications longue-distance.

 

Elle avait aussi la charge du comptage de mots télégraphiques pour toutes les opérations commerciales, du gouvernement et l'international (pour établir et collecter les frais de transmission, le coût de la transmission était basé sur le nombre de mots contenus dans le message).

 

L'examen des candidats et la certification des opérateurs radio ainsi que le dépistage et la solution du brouillage radioélectrique complétait la liste de ses tâches. ( Voir une liste de radio amateur au Québec datant de 1922 en annexe )

 

Avec les modifications à la Loi s'est ajouté la radiodiffusion et ce qui gravitait autour soit l'autorisation ainsi que l'assignation des longueurs d'ondes et de la puissance, l'inspection des facilités et la suppression du brouillage sans oublier la collecte des droits de licences de réception de radiodiffusion.

Sachant qu'aux tous débuts, l'utilisation de récepteurs de type super-régénératif était une cause importante de brouillage à la réception lorsqu'ils étaient ajustés 'trop serrés', c'est-à-dire très près du point d'oscillation, on croît que le Directeur Edwards a voulu que les récepteurs fassent l'objet d'une licence particulière afin d'être mieux en mesure d'obliger les usagers à modifier leurs installations au besoin.

 

Quoique à un degré moindre que pour la technique, la Direction était également impliquée dans la surveillance du contenu des émissions ; langage obscène ou non-approprié, libellé des messages commerciaux et utilisation de matériel pré enregistré.

 

Ci-contre,  le Directeur Edwards inspecte CKAC Montréal.

 

Jusqu'alors donc, la ''radiodiffusion'' se faisait sous le couvert d'une licence dite expérimentale.

 

En mars 1922, la Direction instituait trois nouvelles catégories de licence: pour la radiodiffusion d'émissions d'agréments ou d'informations commercial privé, commercial publique et amateur. La première pour la transmission de messages commerciaux provenant du propriétaire de la station, la seconde pour transmettre des messages contre rétribution et la troisième pour les clubs de radio amateur, à basse puissance et là où il n'y aurait pas d'autre installation de radiodiffusion.

 

L'émission de ces nouvelles catégories de licence de radiodiffusion débuta le 1er avril 1922, les indicatifs d'appels étant choisis dans les séries CFA et CKZ, séries qui avaient été réservées aux dépendances britanniques par les autorités radiotélégraphiques internationales.

 

A la fin du mois, on avait déjà émis vingt et une licences de radiodiffusion en service commercial privé à Montréal (3), Toronto (6), Winnipeg (4), Régina, Calgary et Halifax (1 chacun) et Vancouver (5). En septembre, 47 étaient autorisées et, en décembre, 58 même si plusieurs n'ont jamais exploité. Tous les demandeurs se voyaient acceptés.

 

Il faut ajouter qu'à cause du nombre restreint de longueurs d'ondes (fréquences ) causé en bonne partie par le fait que les stations américaines y étaient déjà, et aussi parce que les auditeurs ne semblaient pas vouloir choisir entre deux stations en ondes en même temps dans une même ville, donc pour prévenir le brouillage entre les stations, plusieurs stations de radiodiffusion canadiennes autorisées étaient des 'fantômes' c'est-à-dire des stations qui ne possédaient pas d'émetteur ; elles utilisaient les facilités d'autres radiodiffuseurs, en partage dans le temps.

 

Par exemple, la station CKCI , titulaire A Le Soleil de Québec@ utilisait l'émetteur de CHRC. À Montréal, CFCF a, pendant un temps, partagé sa longueur d'ondes 12 heures par semaine avec CKAC. En 1927, CFCF partageait avec CKAC, CHYC et CNRM.

 

Il y a eu jusqu'à 19 stations dites fantômes entre 1923 et 1932 et plusieurs cas où plus de 2 stations partageaient la même longueur d'ondes.

 

Selon les documents en archives, les politiques et les procédures d'autorisation de la Direction durant toutes ces années jusqu'en 1932 étaient ad hoc et même arbitraires, presque sans ligne de conduite. Quelques priorités ont été définies au cours des ans mais pouvaient être changées en peu de temps et, fréquemment, sans être connues du public. Il y aurait eu également quelques cas d'ingérence politique dans l'émission des licences et décisions de la Direction selon M. Vipond.

 

Toujours en 1922 apparut la licence de réception (de radiodiffusion) au coût annuel de $1.00; il n'est plus nécessaire de prouver sa compétence ni d'être citoyen britannique ni de jurer au secret pour obtenir une licence. En juin, 2,588 licences avaient été émises et au 31 mars 1923, nous en étions 9,954.

 

La licence autorisait un seul récepteur et si l'usager en possédait plusieurs, il en fallait autant. La licence ne spécifiait pas le genre de station, fixe ou mobile. Quelques années plus tard, des A petits malins@ voulant économiser des sous pendant la crise, modifiaient des récepteurs d'automobile pour utilisation à la maison. Pus tard, on voit que le Ministère en a tenu compte et a modifié les licences. (Voir annexe)

 

La Direction offrait donc des services aux usagers de la réception, avec la taxe de licence de récepteur, la notion utilisateur-payeur était d'actualités...

 

Et il semble qu''il y avait peut-être beaucoup de 'sans-licence'. En effet, le Surintendant divisionnaire E.J.Haugton de Victoria confiait dans une note de service à son Directeur qu'il soupçonnait y avoir 25,000 appareils en service en Colombie-Britannique alors que seulement 2,769 licences avaient été émises en 1923-24...

 

Les statistiques du Ministère montrent qu'en aussi peu que onze ans, le nombre de licence de récepteur est passé de zéro à 600,000 et on croit qu'entre 20 et 40% des propriétaires de récepteurs n'avait pas de licence pour de multiples raisons.

 

Pendant un certain temps, les droits de licences perçus ont été versées en partie, au fonds consolidé du gouvernement, au Manitoba pour la station CKY et à la Direction de la Radio pour couvrir les frais d'enquêtes, de dépistage et de solution du brouillage électrique à la réception.

 

En juillet 1922, le Ministère du Service naval est aboli et plusieurs activités passent au Ministère de la Défense. La Direction repasse au Ministère de la Marine et des Pêcheries et la charge de travail augmente d'années en années.

 

Cette même année, le Collège scientifique et commercial de Verdun, (devenu ensuite l'Académie Richard), dirigé par les Frères du Sacré-Coeur, obtenait l'une des sept licences d'école de formation accordées au Québec pour un total de treize .

 

En mai 1923, à la demande du gouvernement du Manitoba, la Loi du Radio-télégraphe est modifiée pour permettre à cette province un monopole en radiodiffusion, tout en laissant au gouvernement fédéral le soin de légiférer en matière de licences et d'assignations de longueurs d'ondes. Le Manitoba se voyait attribuer 50% des droits de licence de récepteurs perçus dans cette province et, en plus, un droit de veto sur toutes nouvelles installations de radiodiffusion dans la province.

 

Cette même modification permettait aussi de re-distribuer une partie des droits de licences de récepteurs aux différentes stations de radiodiffusion pour les aider l'entretien. Seul le Manitoba a bénéficié de cette provision dans la Loi.( Cette modification fut rescindée en 1932 car on jugeait qu'elle était discriminatoire envers les autres provinces)

 

En 1927, les clients de la Direction pourront recevoir leur correspondance en langue française.

 

À compter de 1922, le Ministère de la Défense exploita un réseau de communications dans l'Ouest canadien pour la patrouille des forêts, réseau qui dans les années 30 voyait une douzaine de stations terrestres et plusieurs hydravions équipés de radio en opération, la station principale du réseau était située à Winnipeg. La responsabilité des ressources naturelles a été remise aux Provinces des prairies en 1931.

 

Durant les mêmes années, à la demande du Ministère de l'intérieur, le Corps Royal Canadien des Signaux (RCCS) installa et exploita un réseau de stations entre Dawson et Mayo en 1923 et un second entre Edmonton et Fort Simpson en 1924. Ce réseau remplaçait une liaison télégraphique par fils laquelle était très difficile à entretenir, au cours des ans, plusieurs poseurs de ligne affectés à ce travail sont morts en devoir, par le mauvais temps ou attaqués par les ours. Finalement, le gouvernement ordonna la passation du réseau Territoire du Nord-Ouest & Yukon au Ministère des Transports en 1957.

 

En 1932, la Direction exploitait 29 stations côtières, 12 stations de radio-goniométrie, 19 radio phares, 4 stations radio téléphoniques et 47 stations de navires en plus de surveiller toutes les autres stations.

 

Aucune licence commerciale publique n'aurait été émise alors qu'en 1932, il y avait encore sept stations de radiodiffusion amateur en exploitation, une à deux heures par jour, en Ontario et en Saskatchewan.

 

En 1931-32, on percevait plus de $500,000 par année pour l'émission des licences de récepteurs et cela représentait 90% de son budget de la Direction. (voir le tableau des revenus)

 

1935 et c'est le tremblement de terre de Témiscaming qui détruisit le système de support du quartz étalon utilisé à la station de mesure d'Ottawa. Ed Davey, dans une note de service à W.J.Wilson raconte les difficultés qu'ils ont eu à rebâtir l'appareil ( voir le chapitre concernant les centres de contrôle des émissions)

 

Et dans ces années là, et avant que le service télétype ne soit installé, il semble que plusieurs stations de radiodiffusion au Canada y étaient abonnés et recevaient des bulletins de nouvelles en code morse à 38 mots/minutes et transmis par la Press Wireless News Service, indicatifs d'appel WCX et WJS.

 

En 1938, les certificats de compétence en radio de 2ième classe étaient émis par la Direction au sein du Ministère des Transports mais étaient accordés par le Ministre des Munitions et des Approvisionnements tel que prévu par la Loi sur la Radio en vigueur.

 

Le 5 septembre 1939, C.P. Edwards, alors Chef des Services de l'Air au Ministère des Transports avisa par lettre les titulaires de station amateur que leur licence était suspendue immédiatement et de voir à démanteler leur station et rendre tout équipement inopérant.(Voir annexe)

 

C'est en mars 1941 que l'Accord Nord-américain de radiodiffusion régional vint en force après plusieurs années d'âpres négociations où les calculs de notre Monsieur Bain se sont avérés très utiles pour établir des abaques de prévisions de contours de rayonnements et d'aire de service. Plusieurs stations ont été obligées de changer de fréquence pour s'aligner sur le plan approuvé.

 

Le Service radio de la côte Ouest fut en opération jusqu'en 1956 alors que la Division des Télécommunications du Ministère des Transports en devint responsable.

 

références:

1- Mary Vipond, 'Listening In, the first decade of canadian broadcasting, 1922-1932 ' publié au McGill-Queen's University Press.)

2- Archives Nationales du Canada

3- Pierre Poulin, DRP-R,Codification historique de la Loi

4- Musée de l'électronique et des communications militaires

5- West Coast Radio Service - du site web West Coast Trail

6- U.S. Department of the Navy, Bureau of steam engineering.

 

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